Vierge ascendant carpe

Je suis en vacances :)

Bise à toutes et à tous,

Lulu.

Commentaires (4) »

Antigone 2008

Mon père est mort dimanche dernier. Il a été incinéré vendredi.

J’avais déjà fait mon deuil en même temps que la paix avec lui, il y a moins de deux ans. Jusqu’à il y a peu de temps, j’imaginais que je n’assisterai jamais à son enterrement et que par conséquent, je ne serais jamais vraiment sûre qu’il soit bel et bien mort et que je puisse tourner la page.

C’était sans compter sur la famille ! L’enfer, c’est les vivants.

Tata Chacal et son fils aîné Neuneu ont décidé (dès que mon père ne fut plus en mesure de s’exprimer) de ne rien organiser ni payer (belle preuve d’amour et de respect de la parole donnée envers un mourant) au nom de la dernière occasion de nous soumettre à l’article 205 du code civil.

Je vous avoue que ma première réaction à l’ouverture des hostilités étaient de refuser de m’en occuper. Après avoir constaté sur internet que je ne pourrai pas y échapper (puisque la famille fait défection), j’avais prévu de le faire inhumer comme indigent (ce qu’il était et ce que nous sommes) rien que pour faire les pieds de la Tata.

Ces âmes charitables ont même été voir la police pour exiger que nous (les trois garces de filles) organisions et payons ce que eux voulaient comme obsèques pour ce “très saint homme” (je les cite), qui devant ma soeur avait réaffirmé son souhait de se faire incinérer puis disperser (mais eux veulent une messe en langue régionale, avec des tonnes de fleurs, des tonnes d’amis de la famille et des toutes petites tonnes de faire-parts pour l’inhumation dans la concession familiale = 4600 Euros cash au minimum et que ça saute !).

La police les a vertement envoyés sur les roses, en leur disant : “rien à battre, c’est pas de notre ressort, faites hiech ! En plus, il n’est même pas encore mort !!!” Ils avaient les boules d’être aussi peu remerciés de faire leur devoir de bons chrétiens citoyens. Comme nous avions déjà demandé des devis aux pompes funèbres (pour nous preuve de notre bonne volonté/prévoyance/résignation) ils y ont vu le signe divin jubilatoire de notre soumission. Ca les a un peu calmés.

A nous trois, nous totalisons 1800 Euros de revenus mensuels… je n’ai déjà pas de quoi me payer le parc Astérix, alors y a comme un blème. La loi est claire, nous avons l’obligation légale de payer pour des obsèques dignes ET à hauteur de nos ressources. S’ils veulent plus, qu’ils paient ! Ils refusent.

Nous sommes informées du décès lundi matin par une bonne femme qui dit travailler à l’hôpital et qui se permet d’insulter ma mère et ma soeur en les traitant de moins que rien (“Dieu voit tout bande de salopes, c’est honteux ce que vous faites !”). On ignore toujours ce qu’on a fait et, moi, j’hésite un peu à signaler à la direction de l’hôpital un manque de bienséance manifeste (depuis nous savons qu’elle sévit à l’état-civil). Sur le moment, ma mère lui a juste dit que les affaires de famille ne la regardent pas, et on comprend que nous marchons sur des oeufs : la Tata a distribué les cartes avant que nous ne soyons assises à la table de Poker Menteuse. Va falloir faire attention.

Nous nous rendons à l’hôpital pour les démarches administratives dès le matin, mais l’état-civil nous fait poireauter pendant des heures (bizarre, vous avez dit bizarre, comme c’est bizarre !). Je rencontre pour la première fois celle qui fut la compagne de mon père pendant ces 19 dernières années. Elle nous dit qu’elle a donné des papiers, des vêtements pour le vêtir et nous remet une lettre qu’il nous aurait écrite à l’annonce de son cancer.

Si comme moi, vous aimez les coïncidences, vous allez être servi(e)s. Il a rédigé son mot au moment où je rédigeais ma note sur lui. A l’époque, il me hantait jusque dans mes rêves alors que j’avais passé des années sans penser à lui ! Sur le mot était inscrit : “Je vous aime et je vous demande pardon.” Dans son esprit, en 2008, nous avions encore 12, 10 et 9 ans. Donc cette demande de pardon (assez vague et impersonnelle) ne s’adresse pas à la trentenaire que je suis, mais à la petite fille que j’étais. Cela ne m’a fait ni chaud ni froid, mais j’espère que ça lui a fait du bien, à lui. Je ne lui ai jamais souhaité de mal, je voulais juste être préservée de lui. Les victimes qui reçoivent des demandes de pardon (et en plus sans rien demander) sont si rares, que j’ai accordé à Petite-Petite Soeur le droit de garder le mot à la condition qu’elle ne le jette ou déchire jamais.

Une fois l’état-civil réglé, nous sommes allées Petite-Petite-Soeur et moi à la chambre mortuaire. Elle voulait le voir, je ne faisais que l’accompagner. Elle est entrée dans la pièce tel un carabinier pensant qu’il s’agissait d’un couloir. Elle se bloque, stupéfaite de le voir. Devant sa réaction, je rentre pour la réconforter. Je le vois et comprends en un instant mille et une vérités.

Qu’importe la volonté de nuire de Tata Chacal et de cousin Neuneu, je gérerai du mieux que je pourrai. Je ne veux rien avoir sur la conscience et je ressens le besoin de faire certains choses. Je n’arrive pas à le considérer comme un bout de viande froide, comme un inconnu. C’est à nous de le faire. Avec une famille pareille, il devait être très difficile de ne pas être un chacal. Et moi, je ne suis ni Chacal, ni Hyène, ni même Lukka, je suis juste moi, une petite humaine sur un bout de caillou qui s’appelle la Terre.

Je vois la chance de pouvoir faire convenablement, mes adieux et de réaliser véritablement la mort de mon père. Je savais que de voir le débit du chèque sur mon relevé de comptes concrétiserait sa mort dans mon esprit. Mais là, ils nous offrent sur un plateau l’intimité que nous n’aurions jamais eu s’ils s’étaient occupés des obsèques. De plus, nous pourrons faire preuve de ce qu’ils leurs manquent : de la dignité.

Aux pompes funèbres, nous expliquons la situation (vilain Papa, méchante Tata). Ils nous informent de tous nos droits (“ne vous faites pas avoir!”), ils nous conseillent (“vous regretteriez plus tard de ne pas l’avoir fait comme ça”), ils nous assurent de leur loyauté (“c’est votre signature, votre argent, on bosse pour vous et pas pour eux”). A chaque signature, ma main tremble de plus en plus. Mon corps encaisse à chaque fois la donnée : mon père est décédé.

Je cherche quoi mettre dans son cercueil. Je voulais mettre une jonquille (symbole de la lutte contre le cancer) et un ruban blanc (symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes). Mais comme cousin Neuneu s’est rendu mercredi au Tribunal (parce qu’il n’y avait pas de messe en langue régionale ni de présence à la crémation), je redoute une suspension des obsèques et de perdre un oeil dans une bagarre, je m’abstiens vendredi de prendre le ruban.

Au tribunal, (je ne l’ai appris qu’après) ils l’ont envoyé chier : “Les funérailles sont indignes ? - Non. La volonté du défunt n’est pas respectée ? - Non, c’est la nôtre qui… - Monsieur, allez faire cacater ailleurs s’il vous plaît, il y en a qui ont du boulot !”

J’ai attendu que la messe soit dite et qu’ils sortent tous pour rentrer dans la pièce. Je lui ai lu plusieurs fois une prière bouddhiste traduite en français pour qu’il comprenne (et moi aussi par la même occasion). Au dos de la feuille, j’ai inscrit : “J’ai pardonné, Lukka” et je l’ai glissée à ses côtés. Il y a quelqu’un qu’il lui a mis un brin de muguet sur le torse. Même si le premier mai est le jour de l’anniversaire de mon couple (putain, 6 ans !!!), ça m’a fait sourire.

Ils ont tous disparu depuis un moment sauf sa compagne, quand nous assistons toutes deux à la fermeture du cercueil. Elle est en larmes, mais satisfaite de voir les souhaits de notre père respectés (simplicité). Ca me fait du bien de voir quelqu’un qui l’aimait et à qui il va manquer. Petite-Petite-Soeur passe la tête deux secondes (Petite-Soeur n’est pas venue). Je monte toute seule dans le corbillard car je refuse de le voir partir seul. Je suis suivie par ma mère (qui attendait avec les enfants dans la voiture) et ma soeur, au cas où les chacals me suivraient.

Ils ne voulaient pas croire que nous n’étions pas autorisées à assister à la crémation (“bande de garces, vous n’avez aucun respect pour les morts. Pensez à changer de nom !” fin de citation). Or, à cause de tous les ponts (1er, 8 et 12 mai) tout le monde est débordé car en sous-effectifs. Il aurait fallu repousser d’une semaine et payer le double. Comme la famille se disait pressée de récupérer l’urne (ils ont peur de ne jamais la voir*), on a paré au plus pressé et accepté que le crématorium procède quand il pourra et de revenir après le week-end. Ils ont eu d’autant plus de mal à nous croire que la Tata raconte à tout le monde que c’est obligatoire d’y assister (!?), que ça dure 4 heures (???) et que c’est forcément au crématorium du Père Lachaise !!!!

J’ai donc eu une pensée amusée pour toute la famille quand nous sommes arrivés au crématorium de Valenton. Je les ai imaginés devant le Père Lachaise, stupéfaits de ne pas nous voir venir, constatant qu’il n’y a aucune crémation prévue au nom de mon père et portant plainte pour vol de cadavre et non-respect de dernières volontés. Ca se trouve, il y a un mandat d’arrêt lancé contre moi !?

J’imagine très bien le GIGN défonçant ma porte et Tata derrière en train de crier “il est où ? Il est où ?”
Je me marre parce qu’actuellement il est sur la table du salon. En effet, on a eu la chance d’arriver avec beaucoup d’avance. Ils nous ont donc proposé de procéder immédiatement, de nous laisser voir l’entrée du cercueil (sur un écran prévu pour) et de nous le remettre une heure plus tard.

La tête de ma mère s’est décomposée en me voyant revenir avec (entre la théorie et la pratique, le concept et la réalité). Son ex-mari ne fait plus que 30 cm de haut ! Dix jours auparavant, elle interdisait à ma soeur de l’appeler “Papa” en sa présence.

Elle me narre une confidence reçue le jour même de notre agent double au sein de la famille chacal : quelqu’un voulait verser un pot de vin aux pompes funèbres pour récupérer le corps et les commandes des opérations. Je trouve l’idée complètement absurde car ils n’avaient qu’à s’occuper de tout et nous demander une participation financière. Je décide de ne pas m’attarder sur un problème que je n’ai pas, et comprends que la Tata a travesti la vérité auprès des siens. Je ne peux m’empêcher de constater que les gens mettent sur le dos des autres leurs propres vices.

En conclusion, deux hargneux m’ont fait vivre un merveilleux malheur, c’est pourquoi je me permets, parfois, un ton un poil désinvolte dans cette note. Fidèle à moi-même, je préfère rire de ce qui m’a épuisé et chagriné cette semaine. Je suis reconnaissante d’être en vie, avec toutes les petites contrariétés que cela implique !

*Je remercie tout spécialement ma grand-mère d’avoir été en colère après ceux qui voulaient du mal à ses petites-filles et de s’être spontanément proposée receleuse d’objet funéraire (”Donnez moi l’urne et, moi vivante, jamais ils ne la retrouveront !”). Je suis sûre qu’elle aurait dressé sa york à monter la garde devant l’objet. Méfiez-vous des femmes d’un mètre vingt et quatre fois 20 ans !!!

Commentaires (5) »

Rien à lui dire !?

Cela fait plusieurs mois que je me demande ce que j’aurais à dire à mon père avant la mort de l’un de nous deux.
Ca fait un mois que Barbara s’est incrustée dans ma tête à cause d’un article qu’Historia lui a consacré le mois dernier. Il y a un encart qui explique l’origine de la chanson “Nantes”. Depuis, pas un jour ne passe sans que je fredonne : “Madame soyez au rendez-vous / 25 rue de la Grange aux loups / Faites vite, il y a peu d’espoir / Il a demandé à vous voir”

Rien. Je ne trouve rien, je ne ressens pas le besoin ou l’envie de lui dire quoi que soit. Depuis que je n’ai plus de colère, plus rien ne me lie à lui.

Pour mon Grand-Père (père de mon père), je savais. Je l’ai vu en novembre dernier avec le texte tout prêt dans ma tête. J’ai pu lui dire. Je ne lui ai pas tout dit, juste ce qui nous ferait du bien à l’un comme à l’autre. J’ai pu lui dire ce que Petite-Petite-Soeur voulait qu’il sache (“tu es 2 fois arrière-grand-père”). Mission accomplie : j’en ai ressenti le bénéfice dans ma vie de tous les jours.

Très tard dans la soirée d’hier, j’apprends que c’est une question d’heures, peut-être de jours, mais qu’il ne demande pas à me voir. C’est Petite-Petite-Soeur, qui l’a vu, qui est en larmes, qui s’en veut d’avoir tant tardé à le voir, qui se sent responsable de son état (à lui), qui se maudit de ne lui avoir pas dit tout le texte qui était dans sa tête (gentil tout plein en plus !?), qui trouve injuste une mort si jeune…

Que vous dire ? Je comprends son émotion.

Déjà, techniquement, nous avons eu le même père, mais les différences d’âges et de contexte ont beaucoup joué sur notre façon de le vivre.
De plus, un mourant, un parent méconnaissable, la souffrance, la peur de sa propre mort et de la maladie, de multiples prises de conscience. Le passé et le présent qui se fondent mais la réalité toute crue en plein visage : ce n’est pas le même homme, il n’est plus une menace, il n’est même plus en état d’être une proie.

Les sentiments éprouvés il y a 20 ans sont totalement déplacés aujourd’hui.

Je suis heureuse que ma soeur ait exprimée son chagrin et sa culpabilité sur place car voyant cela, la compagne de notre père n’a pu que lui dire : “ce n’est pas de ta faute. Il était une ordure de première qui a pourri la vie de tous ceux qui l’entouraient. La meilleure chose à faire était de ne plus le voir !” Ma soeur fut sur le cul ! Elle s’attendait à une remarque cinglante et accusatrice portée contre elle (digne de Hyène-Mère) et c’est la future-veuve qui remet les pendules à l’heure et les torts sur la bonne personne.

Quand Petite-Petite-Soeur a appelé Petite-Soeur (celle que j’ai revue le jour du concours) pour lui raconter, la garce lui a presque raccroché au nez en lui disant “tu fais chier” ! La même chose, avec effet miroir cette fois, quand elle en parla avec Hyène-Mère. Donc elle fut une deuxième fois sur le cul quand elle se rendit compte qu’elle pouvait m’en parler. Quoi de plus normal que de consoler ma petite soeur qui a du chagrin ?

En novembre, elle m’avait interdit de lui dire ce que j’avais appris sur lui. Hier soir, elle était prête, elle voulait savoir. S’il est dans cet état aujourd’hui, c’est par choix. Il y a quelques années, il a été soigné pour un cancer de la gorge qui, depuis, a métastasé dans le foie. Il devient abstinent et sept ans plus tard, le médecin le déclare parfait candidat pour une greffe. Il refuse. Personne d’autre que lui ne sait pourquoi il la refuse. A l’époque, je suis partie dans tout en tas d’hypothèses. Je les ai abandonnées au profit d’une simple acceptation de la situation.

Depuis, je cherche quoi dire, mais la réponse demeure la même : rien.
Et comme il n’est plus en mesure de s’exprimer ou de se faire comprendre, je me contenterai de ce qu’il a dit à ma soeur.

Commentaires (3) »

Carnet du jour

Aujourd’hui, 15h :
Toc Toc Toc

“Entrez !
- Pardonnez-moi de vous déranger Mme Pourriture…
- Que voulez-vous Lukka ?
- J’ai besoin de poser deux jours : jeudi et vendredi cry
- evil
- Je vous demande de les accepter.
- twisted
- J’enterre mon Grand-Père !!!
- ôxÔ
- [connasse]
- Mais vous n’avez pas d’urgences à gérer ?!
- Non (mise à part trouver un autre job). J’attends juste des échantillons de papier d’imprimeurs.
- Mais je voulais faire une distribution de flyers demain parce que je viens de trouver un petit jeune.
- Quels flyers ?
- Ceux sur lesquels on était tombées d’accord.
- Ceux que vous n’avez toujours pas commandés et payés à l’imprimeurs ? (truc méga-urgent-important qu’elle repousse depuis 6 mois)
- Oui.
- !
- Mais vous l’enterrez où ?
- Montparnasse.
- Ah mais c’est sur Paris. C’est pas comme si c’était loin ! (sous-entendu venez bosser après)
- On doit ramener le corps de Caen.
- On ne peut pas changer la date de l’enterrement ?
- !
- [Hilare] Non, visiblement on ne peut pas. Bon bah puisque qu’on ne peut pas, je vous les accorde, Lukka.
- Merci beaucoup Mme Pourriture.
- Ce n’est pas comme si on enterrait tous les jours son Grand-Père.
- En effet, Mme Pourriture.
- Ah et au fait. Toutes mes condoléances, Lukka.
- Merci Mme Pourriture, c’est très aimable de votre part.”

Je pourrais faire tout un tas de jeux de mots pourris sur son vrai nom. Mais je lui préfère depuis des mois celui de “sac à merde“…

Commentaires (6) »

Pur égoïsme

La nuit dernière, quand j’ai vu de mes yeux la neige qui tombait à gros flocons, j’ai cru que j’étais devenue folle… mais j’ai savouré le spectacle.
La neige a quelque chose de magique. Alors en avril… c’est féérique.

Commentaires (4) »

Ce soir j’ai vu

le sandwich grec* le plus cher de tout le 12e : 40 Euros !

4,60 le sandwich + 35 Euros le pv.

Le type était garé en double file le temps d’acheter son dîner. Une voiture de police est arrivée avant même que les frites soient cuites. Au moment de payer, le patron a insisté pour lui faire une méga ristourne tant il était dégoûté pour le gars qui est parti en laissant le sandwich car il n’avait plus faim.

Le patron a eu une phrase qui m’a fait sourire : “il va falloir en aligner beaucoup des PV, parce que ça coûte cher les mariages et les vacances sur des yachts !” Je n’ai pu m’empêcher de voir le petit Nicolas, arpenter les rues de Paris, travesti en Pervenche, histoire de boucler les fins de mois à cause du voyage linguistique en Chine du petit dernier.

Mais j’y pense. Avec tous ses gosses et ceux de Cécilia, quand ils vivaient tous à Bercy, ils devaient toucher des alloc’ les saligos !!!

Non ?

Bah si, quand même. Un acquis social reste un acquis social, non ?


*le sandwich se dit désormais turc car si tu as le malheur de demander un grec, ils font mine de ne pas comprendre (sauf s’il le bonhomme est d’Afrique du Nord, là, il s’en tape).

Commentaires (6) »

Le jour où nous sommes devenus des gangsters

(Spéciale dédicace à Daydreamer. )
Je ne l’ai même jamais raconté à ma famille, et les voisins au courant de l’histoire ont mis des années avant de nous reparler.

C’était en décembre 2003.
En sortant de l’ascenceur, je vois la gardienne en discussion avec trois gendarmes. Je trouve ça cocasse parce que sur Paris, il n’y a que les gens qui regarde une femme d’honneur qui peuvent savoir à quoi ils ressemblent, les gendarmes. Ils doivent vendre des calendriers ou je ne sais quoi. En tout cas, faut que j’aille bosser, donc je trace.

En rentrant le soir, je dis à Chéri :

“Devine ce que j’ai vu ce matin ?
- Des gendarmes.
- Comment tu sais ?
- Ils sont là pour moi.
- Pour toi ?
- Ils ont demandé le code et la clé du hall pour venir aux aurores perquisitionner chez nous.
- Mais pourquoi ????
- La gardienne l’ignore, elle nous prévient parce que si ça avait été pour elle, elle aurait aimé qu’on la prévienne. Mais elle avait promis aux gendarmes de ne rien dire.”

Je pense immédiatement au fait qu’ils ont une commission rogatoire, donc qu’il y a une procédure sérieuse dont nous faisons l’objet, puis à nos téléphones sur écoute, à nos allers et venues surveillées et à une enquête de voisinage… mais la raison m’échappe totalement. Je me fais tout Kafka dans ma tête. Faire l’objet d’une enquête pourrit les relations avec des gens qui te regardent de travers (”y a pas de fumée sans feu” on dit des voisins) et surtout peut me coûter mon emploi tout neuf (pour lequel mon casier devait être totalement vierge de partout).

Les jours passent avec la peur au ventre, et les nuits sont courtes. A 5h, nous sommes tous les deux éveillés en redoutant qu’à 6 on ne défonce notre porte à coup de bélier, face contre terre en pyjamas, comme sur TF1. J’ai peur qu’on nous envoie des cow-boys et que Chéri veuille leur prouver sa supériorité physique, et que ça dégénère en baston.

Une semaine plus tard, j’ouvre les paupières à 6h15 et entends parler dans la pièce à côté. Ils sont là et la discussion est calme. Ils ont mis le temps et ils sont calmes : on est donc pas ennemis publics n°1. Je sors de la chambre sans gestes brusques.

Ils me disent “bonjour mademoiselle” et m’expliquent tout ce que je sais déjà. Je leur pose donc LA question :

mais pourquoi vous êtes là ?
- Réseau de pédophilie.
- (soupir de soulagement. Notez que l’affaire Outreau a eu lieu plus tard, sinon, j’aurais flippé)
- C’est votre ordinateur ?
- Oui.
- Il est relié au net ?
- Oui.
- Alors, on va devoir le prendre.
- Prenez-le ! Prenez tout ce que vous voulez.”

Ils ont pris les quatre ordinateurs et Chéri.

Une heure plus tard, j’étais devant la caserne. Chéri avait oublié de prendre avec lui ses médicaments. Ils m’ont laissé le voir. Et après mon départ, ils ont dit à Chéri : “votre dame vous soutient, dites-donc !” Bah oui, nous avions passé ces 6 derniers mois, tous les deux à la maison ensemble, et si Chéri avait fait des trucs chelou, je l’aurais vu (pareil pour moi). Et si je l’avais suspecté de pédophilie, je pense que j’aurais été la première à le balancer aux flics.

En début de soirée, ils relâchaient Chéri et les pécos, et nous avions enfin le fin mot de l’histoire. Un des meilleurs amis de Chéri s’était fait hacké son ordinateur par un réseau pédophile. La méthode utilisée nécessitait d’être chez le gars. Les flics, qui lui sont tombés dessus, lui ont demandé les noms de personnes qui auraient pu faire le coup, et cet enfoiré à donner le nom de Chéri.

J’étais sciée parce que nous n’avions été qu’une fois chez lui, et que nous avions passé l’après-midi à discuter avec lui. Pas une seule fois, nous n’avions touché à son ordi. Le plus blessant de sa part est vraiment de penser que Chéri puisse être membre d’un réseau pédophile et hacker l’ordi d’un ami.

La cerise sur le gâteau : ça faisait plusieurs mois qu’il avait donné le nom de Chéri et il continuait de squatter à la maison plusieurs fois par semaine comme si de rien n’était. Nous avons eu de ses nouvelles un an après. Il a sonné à la porte, accompagné d’une bouteille de champagne.

Chéri l’a écouté dire ce qu’il avait à dire. Puis il lui posa calmement LA question. Après la réponse de l’autre, Chéri le raccompagna à la porte et lui promit de lui mettre un magnum du meilleur cru vous imaginez où si ce dernier revenait un jour. Moi, je dis que ses fesses ne méritent pas plus qu’une infâme piquette !

Commentaires (4) »

En coup de vent

coup de mou, coup de bambou, coup de pompe et cou(p) tordu.
J’ai passé trois semaines à jouer les infirmières auprès de mes trois bêtes à poils, qui ont succombés les unes après les autres à de vilaines bactéries. Chacune son tour, chacune sa semaine. Trois semaines à couver, m’inquièter, veiller et requinquer. J’adore, c’est dans ma nature (syndrôme de Candy probablement) et surtout ça la fout mal de faire crever un chat que l’on vient à peine de te confier (j’aurais eu la haine).

La Mimi est devenue la Cracra grâce à son coryza qui la transformée en machine à morve. Tout un poème. Pendant deux semaines : moi Daktari, elle Darth Vador ! Elle éternuer, moi bondir sur les mouchoirs avant qu’elle ne… trop tard elle avaler blob vert fluo plus gros que son oeil sorti de son museau tout rose. Moi la guérir, elle refourguer saloperie à Chuck Norris. Et rebelote, que du bonheur !

J’ai particulièrement apprécié les weekends chez la véto qui à la deuxième visite m’a annoncé que nous en avions pour 6 mois de galère vétérinaire (”c’est le temps qu’il leur faut pour s’échanger toutes leurs petites saloperies et se faire des défenses immunitaires“). Les chats étaient trop contents de l’apprendre car mon syndrôme Mary Poppins enrobe les deux cachets quotidiens de rillettes de thon ou de steak haché. Chuck simule actuellement une angine pour obtenir sa dose quotidienne de friandise.

Ensuite Chéri, se sentant délaissé, a décidé que lui aussi aurait mal à la gorge, les éternuements et la narine qui fait glouglou (le même principe que le syndrôme du kangourou chez les futurs pères mais version 2 félins pour 2 humains) avec une crise d’urticaire en prime (pour être original je présume).

En récompense, je me suis offert la quatrième semaine pour combattre les miennes de bactéries. D’autant plus que j’avais bien besoin de repos. Mon nouveau clavier était vraiment neuf, m’obligeant à taper comme une brute pour écrire : résultat, le bras bloqué, puis le cou, puis tout le dos. Une semaine à plus pouvoir bouger, j’ai fini par jeter le clavier pour un truc en plastique tout mou, mais dont les touches ne sont pas au même endroit que d’habitude (je galère encore, mais j’y arriverai).

Si je déteste être patraque, j’adore la convalescence. Je deviens un puits sans fin de reconnaissance envers ma carcasse de me porter à nouveau où je veux sans plus avoir le mal de mer, de pouvoir à nouveau tourner la tête à gauche puis à droite sans bondir de douleur et d’avoir à nouveau faim et envie de manger à peu près tout et n’importe quoi.

Donc, c’est avec un certain détachement que j’ai accueilli la nouvelle de Chéri : On va devoir vivre sans internet quelques jours !

Bon bah, si je n’ai pas le choix, c’est pas grâve.

Voilà l’explication de mon absence on ze oueb. Sorry sorry. En même temps, ça vous épargne mon stress (je suis insuportable en ce moment). Les résultats des écrits sont pour bientôt, et je trépigne d’impatience (ça m’obsède).

Commentaires (4) »

TAG DANS MA GOULE

Maazz m’a taguée.

Les règles du jeu:

écrire le lien de la personne qui nous a taguée : voir plus haut
Préciser le règlement sur son blog : voir ces quelques lignes

Mentionner six choses sans importance sur soi.
Trouver six autres personnes en mettant leur lien et prévenir ces personnes sur leur blogue respectif.

Allez c’est parti :

  1. j’ai arrêté de me mettre du gel dans les cheveux, ça me gonflait trop, ma coiffure aura duré une semaine complète j’ai un champignon à la place de la tête.
  2. j’ai enfin changé de clavier car le précédent avait toujours trois touches qui ne fonctionnaient plus (mais jamais les mêmes). Donc pour vous écrire des commentaires, je copiais-collais des lettres ou des mots.
  3. je fais le café au micro-onde, c’est une lavasse tièdasse mais j’aime ça (et je l’ai bu ce matin dans un mug King of Cannabis alors que j’en fume même pas)
  4. j’adore la corvée de linge à laver, étendre, plier et ranger, par contre tout le reste me fait suer (sauf nettoyer mes vitres)
  5. j’ai deux orteils palmés mais pas de Facebook
  6. j’accorde de l’importance à presque tout, donc je galère pour trouver des trucs vraiment sans importance (au moins pour moi). Si, j’ai trouvé : j’ai de la cellulite !

Reprends qui voudra, parce qu’à chaque fois que je refile un bébé à quelqu’un, il ne le fait pas ou l’a déjà fait :-(

Commentaires (3) »

Pour l’attendrir, faut taper dessus

Commentaires (3) »